Collectif Féministe Pékin+25 Compte-rendu de Monique Dental, Réseau Féministe « Ruptures »

Collectif Féministe Pékin+25 Compte-rendu de Monique Dental, Réseau Féministe « Ruptures »

Forum Génération Egalité Mexico

Ouverture, lundi 29 mars 2021

Collectif Féministe Pékin+25

Compte-rendu de Monique Dental, Réseau Féministe « Ruptures »

(Je ne garantis pas l’orthographe des noms des personnes citées)

  • Delphine O. Responsable de l’organisation du Forum pour la France

A précisé que l’éducation est une thématique transversale et prioritaire pour le Forum Génération Egalité.

Elle a fait référence au webinaire de l’Unesco qui se sont passés les 11 et 16 février, qui pour elle ont représenté des catalyseurs de l’égalité, en insistant sur les partages qui ont eu lieu entre experts et fonctionnaires qui ont participé aux décisions.

Elle a insisté sur l’articulation entre Education des filles et égalité de genre.

En faisant référence à l’ODD n° 4 Education, elle a rappelé que l’éducation n’est pas un levier thématique du forum, mais doit être conçu dans sa transversalité à chaque coalition.

Concernant l’ouverture du processus des plans d’action des coalitions, elle a insisté sur le rôle de la France, « champion » de cette coalition d’action, qui a mobilisé fortement l’UNESCO et le FNUAP, tout particulièrement sur l’éducation à la sexualité, la nécessité pour les filles d’avoir un accès à la contraception étant indissociable de la sexualité.

  •  Sinead Burke, enseignante

Son témoignage a mis l’accent sur l’inexistence de structures adaptées pour les personnes en situation de handicap (elle est naine), considérant que l’inclusion est déterminante dans ces cas précis. Cela nécessite de penser le système d’éducation à partir de ces cas. Elle a donné ensuite des exemples des réactions qui se sont manifestées à son égard lorsqu’elle a décidé d’être professeur, suscitant chez elle bien des doutes et des interrogations sur l’opportunité de son choix. Une fois sa prise de fonction, elle a dû repenser et transformer sa salle de classe pour lui permettre d’enseigner sans nier son état de handicap, ce qui ne l’a pas empêché d’obtenir par la suite d’excellents résultats.  Elle a également évoqué d’autres types d’exclusion auxquels elle a été confrontée : enfants vivant sans maison, donc à la rue, présentant des mutilations. Elle a préconisé de faire les liens entre ces situations et de concevoir un système d’intégration avec les intéressés eux-mêmes.

Pour elle, l’éducation est ce qui permettra de combler ces distances, ce fossé ; l’éducation doit nous permettre de comprendre ce que nous sommes et les difficultés que nous sommes amenés à connaître pour les partager dans le respect de chacun. 

  • Anika Guderkendsky : sur les stratégies.

Fournir les moyens du dialogue pour donner des recommandations qui reflètent les besoins en espaces pour les filles et des financements.

A évoqué la question de l’éducation des filles indigènes : la nécessité de prendre en considération leurs droits économiques et leurs droits humains. L’éducation, sans mutilation, est un moyen important pour elles de se réapproprier leurs droits et de pouvoir devenir être les leaders de leur vie.  

  • Philippines

A plaider pour qu’on donne aux filles la connaissance de leurs droits.

6 recommandations ont été posées à faire adopter par les jeunes leaders de toutes les coalitions d’action :

  • Créer des espaces où les jeunes femmes peuvent connaître leurs droits ;
  • Rehausser l’accès à l’égalité ;
  • Constituer des espaces à l’attention des filles exclusivement où elles pourront développer leurs compétences numériques ; 
  • Permettre et se donner les moyens d’un accès égalitaire pour les filles ;
  • Investir des systèmes scolaires qui garantissent des espaces sûrs et sécurisés ;
  • Développer l’éducation au climat afin que les femmes et les filles puissent prendre part aux processus de décisions en matière climatique. 
  • Chanceline Mévovénou, Bénin

A insisté sur l’importance de la santé sexuelle et reproductive pour les filles.

Pourquoi ? Parce que les grossesses précoces provoquent leur abandon définitif de l’école.

Il est indispensable de visualiser le changement à travers le système scolaire qui doit devenir le lieu où peuvent être nommées les inégalités.

Recommandations pour parvenir au changement :

Il doit comporter des espaces pour se former aux droits pour les femmes ;

Apprendre le leadership et la fonction de direction en considérant que chaque femme et fille possède des qualités potentielles de « leadership » qui jouent un rôle pour les amener à être audacieuse et s’investir dans le changement.  

  • Fatou Sewanatu Mansary, Sierra Léone, Coalition sur la justice économique.

Insiste pour transformer le système de l’éducation en réseau d’éducation.

Les droits économiques doivent se concevoir à partir d’espaces inclusifs.

L’éducation repose pour elle sur trois mots : Apprendre, Décider, Diriger.

Pour y parvenir, cela passe par :

La mise en place de mécanismes afin de mettre fin aux violences scolaires de genre et faire des écoles des espaces sûrs pour les filles. Sur ce point, une véritable réponse politique s’impose. 

Aller vers une éducation à l’égalité suppose des financements appropriés et d’investir dans le domaine de l’éducation sans compter. C’est, pour elle, la seule solution.  

  • Johanita Babirye, Ouganda, membre d’une Coalition pour l’Action Justice climatique.

A fait remarquer que l’absence d’éducation des femmes et des filles a pour résultat leur exclusion dans les domaines de la recherche et du développement de solutions pour le climat, ce qui n’est pas sans impact sur les enjeux de l’accès climatique.

Dans les campagnes, l’éducation permet de comprendre aux populations de comprendre ce qui se passe.

7 revendications :

  • Que les Etats mettent tout en œuvre pour tendre vers une amélioration du climat existant ;
  • Créer des ressources accessibles ;
  • Renforcer les capacités des filles et des jeunes femmes ;
  • Prendre des mesures de résilience ;
  • Permettre des financements flexibles ;
  • Mettre en œuvre des mesures d’éducation des filles dans le monde rural et indigène ;
  • Créer les conditions favorables d’un environnement pour que les filles deviennent des leaders du changement climatique. 
  • Esther Mwema, Technologies et émancipation des filles.

La pandémie nous a donné l’opportunité d’être internationalement en contact en ligne, cet aspect positif de la situation doit nous permettre de mesurer l’importance de la technologie pour agir à l’avenir.

Recommandations.

Fournir aux filles les compétences pour pouvoir s’y investir ;

Utiliser la technologie de façon appropriée au regard des intérêts des jeunes femmes et des filles, c’est vital.

Ne pas ignorer que les femmes font face, plus que les hommes, au harcèlement en ligne, ce qui peut les décourager facilement.

Prendre en compte ce phénomène et ériger des barrières pour l’endiguer.  

Conclusions : tour de table des responsables des recommandations  

  • Suzanne, Fonds Malala, EHLERS, Washington.

Le travail doit être plus inclusif et plus intersectionnel.

Le Covid a mis en danger les progrès et les droits sexuels et reproductifs. Son impact : moins de filles scolarisées peut être dramatique à court terme.

Penser l’éducation et la « rééducation de tous » dans la société en fonction de problème qu’a représenté la pandémie du covid et ses répercussions.

Sur ce plan, les leaders des entreprises et les gouvernementaux se doivent de s’impliquer sans restriction. 

  • Stefania Gianinni, UNESCO.

A insisté sur : l’autonomisation, le leadership, la liberté pour les femmes.

Contribuer à la justice économique joue un rôle actif et de cohésion dans la société.

A repris l’idée, l’éducation doit nous permettre de découvrir ce que nous sommes et nos capacités.

es conclusions du Forum Génération Egalité doivent réaffirmer l’engagement des 85 ministres à faire de l’éducation une priorité et la nécessité qu’ils en fournissent la preuve à l’avenir.  

  • Anne-Brigitte Albrecosen, CEO et Plan International

Seul un vrai changement dans le monde permettra de prendre en compte les besoins des filles et des femmes.

Cette prise de position doit être affirmée et transparaitre dans les évènements principaux des politiques publiques qui seront décidées par les politiques.

L’éducation doit être perçue comme source de transformation globale et réelle en profondeur.  

  • Pumzile, ONU Femmes. En conclusion.

Elle a émis le souhaite que la situation des filles et des jeunes femmes soit meilleure à l’avenir que celle connue par les générations précédentes.

Pour y parvenir, la nécessité de saisir les opportunités qui s’offrent et s’offrira à nous à l’avenir, d’utiliser les talents de toutes et partout dans le monde en même temps. Cela suppose de respecter une réelle autonomie corporelle des filles et de changer les règles du jeu.

Elle conclut en demandant aux jeunes « champions » des coalitions d’exercer leur vigilance en veillant à l’avenir à la mise en œuvre des actions. La réussite du Forum Génération Egalité devra faire l’objet d’une évaluation finale. Il aura atteint ses objectifs s’il affirme que l’éducation des femmes et des filles est l’ambition la plus forte qu’il doit afficher et atteindre.

Mon commentaire général

Il n’est pas anodin de constater que les « officiels » : Delphine O et Pumzile d’ONU Femmes, aient évacué tant dans les constats que les orientations à préconiser en perspective du Forum Génération Egalité, l’égalité femmes-hommes qui à aucun moment n’a été évoquée, pour ne parler que d’Education, explicité comme axe transversal de tous les autres champs, ce qui ramène à l’ODD n° 5 et plus à l’ODD n° 4 (Egalité Femmes-Hommes) pour la conférence de 2030 et son mi-parcours en 2025 d’ores et déjà annoncé.

Cela est d’autant plus problématique que leurs prises de position se tiennent hors contexte et dans l’ignorance totale de l’acquis de la Plateforme finale d’action de Pékin en 1995. Nous ne savons pas d’où l’on part, donc évitons tout bilan-évaluation, 25 ans après, et ne créont pas les conditions de penser l’avenir.

Nous avons assisté à l’enterrement de deux décennies d’égalité femmes-hommes des politiques onusiennes, et, en même temps des mouvements féministes qui les ont portées et influencées.

Doit-on s’en contenter ?

 

 

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