Campagne : « Jeux Olympiques Londres 2012 : Justice pour les femmes ! »

Campagne : « Jeux Olympiques Londres 2012 : Justice pour les femmes ! »

Campagne : « Jeux Olympiques Londres 2012 : Justice pour les femmes ! »

(Extrait du Bulletin n° 336-Juillet-août 2012 du Réseau Féministe « Ruptures »)

La Coordination française pour le Lobby Européen des femmes (CLEF) avec le soutien du Lobby Européen des Femmes en a fait l’une de ses priorités !

Le sport est en effet un moteur de changement des mentalités et nous devons profiter de l’opportunité que représente la tenue des Jeux Olympiques en territoire européen. Une brochure a été rédigée énumérant et illustrant les sept revendications formulées à l’adresse du Mouvement Olympique qui visent à exiger le respect des principes universels consacrés par la Charte olympique. Vous pouvez la consulter sur le site de la CLEF : www.clef-femmes.fr

Pour affirmer votre soutien au projet « Londres 2012: Justice pour les Femmes ! », signez la pétition : http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2011N8270

Contact CLEF tel : 01 55 50 45 64 courriel : arobert.clef@gmail.com ; site : www.clef-femmes.fr

Le costume dit « islamique » sur les terrains de football

La FIFA bafoue ses propres règlements cédant aux pressions de Téhéran

Le Comité Directeur de la FIFA opte pour l’acceptation du port du costume islamique par les footballeuses de confession musulmane. Ce costume recouvre la totalité de leur corps et marque leur appartenance religieuse. Il reste un seul espoir de voir remise en cause cette position : la décision que devra prendre l’IFAB (International Football Association Board) seul organe habilité à se prononcer sur l’application de la règlementation (prochaine réunion de l’IFAB les 2-4 mars 2012). Dans une lettre ouverte adressée à la FIFA, la Ligue du Droit International des Femmes, La Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes et Femix’Sport, ont fait connaitre leur indignation au Président Blatter. Accepter un code vestimentaire particulier pour les athlètes musulmanes, non seulement introduit une discrimination entre les athlètes mais est contraire aux règles du mouvement sportif définissant un costume unique pour les différentes disciplines, sans distinction d’origine ou de croyance. Il n’y a en effet aucune ambigüité sur ce point dans le règlement de la FIFA : « L’équipement de base obligatoire ne doit présenter aucune inscription politique, religieuse ou personnelle » (Loi 4, décision 1) ; pas plus que dans la Charte Olympique : « Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique » (règle 51). La raison avancée pour justifier ce revirement est irrecevable : le port du hijab ne contreviendrait pas aux règlements sportifs puisqu’il s’agirait d’un « signe culturel et non religieux » !
Lettre ouverte à la FIFA à M. Joseph S. Blatter, Président de la FIFA, le 21 décembre 2011 Objet : port du costume islamique sur les terrains de foot.

Monsieur le Président,

Nous venons d’apprendre que le Comité Directeur de la FIFA, réuni à Tokyo les 16 et 17 décembre, a opté pour la levée de l’interdiction du hijab prononcée en Jordanie lors des épreuves qualificatives des équipes de foot féminines en vue des JO de Londres (1). Nous tenons à vous faire part de notre stupéfaction et de notre profonde préoccupation face à ce revirement. Accepter un code vestimentaire particulier pour les athlètes musulmanes, non seulement introduit une discrimination entre les athlètes, mais est contraire aux règles du mouvement sportif définissant un costume unique pour les différentes disciplines, sans distinction d’origine ou de croyance. Il n’y a aucune ambigüité sur ce point dans le règlement de la FIFA : Loi 4, décision 1 : « L’équipement de base obligatoire ne doit présenter aucune inscription politique, religieuse ou personnelle » ; pas plus que dans la Charte Olympique : règle 51 : « Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique ». La raison avancée pour justifier ce revirement est irrecevable : le port du hijab ne contreviendrait pas aux règlements sportifs puisqu’il s’agirait d’un « signe culturel et non religieux » ! Ainsi, le Comité Exécutif de la FIFA a décidé de suivre les recommandations du « workshop » organisé en octobre dernier à Amman, à l’initiative du vice-président de la FIFA, le prince Ali Bin Al Hussein, frère du Roi de Jordanie, dont l’objectif affiché était de sortir de la crise en évitant de mécontenter les régimes les plus conservateurs du monde musulman. Qualifier le hijab de signe culturel et non de signe religieux est, à l’évidence, un tour de passe-passe contraire à la vérité. La photo que vous trouverez à la fin de cette lettre est tout à fait explicite à cet égard. Vous ne pouvez ignorer que l’épreuve de force opposant depuis plus d’un an les dirigeants sportifs iraniens aux représentants de votre Fédération résulte de la volonté de Téhéran d’imposer sa propre loi interne fondée sur des exigences religieuses, au détriment de la loi internationale sportive dès lors qu’il s’agit du costume des femmes. Vous noterez d’ailleurs que Faride Shojaee, vice-présidente du département femme de la Fédération Iranienne de Football, qui aujourd’hui défend l’idée d’un hijab « culturel », avait précédemment affirmé : « les officiels de la FIFA ont confondu le hijab religieux avec un costume national, déclarant que, si on autorisait la participation avec un hijab islamique, d’autres pourraient demander de se présenter avec leurs costumes traditionnels respectifs ». Enfin, vous aurez remarqué l’utilisation du mot « islamique » dans la déclaration « Accepter et Respecter » élaborée et signée par des réseaux militant pour une application des règlements sportifs dite « inclusive à l’égard des musulmanes » : « Nous exhortons les fédérations sportives internationales à manifester leur attachement à l’intégration en veillant à ce que leur code vestimentaire pour les compétitions satisfasse aux exigences islamiques, en tenant compte des principes de convenance, de sécurité et d’intégrité ». Devons-nous comprendre que vous ne voulez pas voir la stratégie proclamée en toute transparence par l’Iran et qui consiste à « apporter sa contribution à la question des femmes par la promotion de la culture de la modestie et du port du hijab à l’échelle du monde » ? Il faut avouer que le mot « culture » n’est pas utilisé ici dans le sens que vous lui supposiez ! Il s’agit bien d’exporter un modèle politico-religieux consistant à couvrir intégralement le corps des femmes. C’était d’ailleurs ce qu’annonçait en 1993 à Téhéran la Présidente des Premiers Jeux de la Solidarité Islamiques, Mme Faezeh Hashemi, revêtue du tchador noir, lors de son discours inaugural : « J’espère que ces Jeux serviront de modèle pour les femmes libres du monde ». Le sport doit rester en dehors des influences politiques et religieuses. Il se doit aussi de lutter contre toutes les formes de discrimination. Avec la décision du Comité Exécutif, c’est le contraire qui se produit. Faut-il conclure de cette situation que vous avez décidé de renier ce que vous défendiez encore récemment lorsque vous affirmiez : « La première des spécificités du sport concerne ses structures pyramidales avec le Comité International Olympique et les Fédérations Internationales Olympiques au sommet et son universalité qui découle des règles mondiales applicables à tous, aux niveaux continental et national. La force du sport en tant que véhicule du rapprochement entre les peuples vient de cela ». (Sport et Citoyenneté, décembre janvier 2010)

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre profonde consternation.

Signé : Pour la LDIF, pour Femix’Sports pour la CLEF, Annie Sugier, Danièle Salva, Olga Trostiansky.

Communiqué » du 16 mars 2012

JO de Londres 2012 : Justice pour les Femmes

Depuis 20 ans la Ligue du Droit International des Femmes (LDIF) à travers son Comité ATLANTA+ se bat pour que le CIO exclue les délégations sans femmes comme il l’a fait pour l’Afrique du Sud lorsque ce pays pratiquait l’apartheid, en s’appuyant sur la Charte Olympique qui interdit toute forme de discrimination y compris de race et de sexe. Parmi ces délégations, celle d’Arabie Saoudite (cf. photo ci-dessous la manifestation organisée par la LDIF aux JO d’Athènes).

Cette exigence fait partie des 7 revendications adressées au CIO dès novembre 2010, par un collectif constitué des associations suivantes : Comité Atlanta+/Ligue du Droit International des Femmes, Femix’Sports, Coordination Française du Lobby Européen des Femmes, Regards de Femmes, Syndicat National de l’Education Physique de l’Enseignement Public, Conseil National des Femmes Françaises, Femmes Solidaires, One Law for All, Federation of Gay Games, Ni Putes Ni Soumises.

Ces revendications ont reçu le soutien du Lobby Européen des Femmes (2500 ONG en Europe). Un « Comité de soutien international » appuie la prise de position de ce collectif.

Pour la première fois le CIO accentue sa pression sur les trois pays qui n’ont encore jamais envoyé de femmes : l’Arabie Saoudite, le Qatar et Brunei. A son tour l’association Human Right Watch, vient de se manifester en publiant un rapport dénonçant le fait que l’Arabie Saoudite refuse aux femmes de pratiquer un sport demandant au CIO de ne pas laisser Riyad participer aux JO de Londres si cette discrimination n’est pas «éliminée». Il est cependant un point qui est oublié dans les dépêches de presse et déclarations aussi bien de HRW que du CIO. Il s’agit de la contrepartie exigée par les pays islamiques et déjà acceptée par le CIO : le respect d’un code vestimentaire islamique pour les sportives musulmanes.

Arborer un costume exprimant l’appartenance religieuse est contraire à la règle 50 (ex-règle 51) de la Charte Olympique (« Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique »). Accepter une telle entorse aux règles est une façon de stigmatiser ces athlètes en abandonnant la neutralité du sport, alors que la caractéristique du sport moderne est l’application d’une règle unique que doivent respecter tous les athlètes sans distinction d’origine, race, sexe ou croyance religieuse. Les gagnants dans ce bras de fer ne sont ni les femmes ni les valeurs universelles de l’Olympisme, mais bien les dirigeants iraniens qui les premiers ont posé leurs conditions au CIO et envoyé une sportive couverte de la tête aux pieds aux JO d’Atlanta en 1996. L’Iran avait dès 1991 défini sa stratégie : faire évoluer les codes vestimentaires des Fédérations internationales.

C’est pour dénoncer le non respect de la Charte Olympique, mais aussi d’autres formes de discriminations dont sont victimes les sportives, qu’une délégation du collectif « Londres 2012 : Justice pour les femmes » se rendra à Londres le 25 juillet et donnera une conférence de presse, suivie de l’enterrement symbolique des principes universels de la Charte Olympique bafoués par le CIO.

Présidente de la LDIF Présidente de la CLEF Présidente de Femix’Sports

Annie Sugier Olga Trostiansky Danièle Salva

La pétition : 2012 Année Olympique

« Pour que les JO de Londres soient ceux de l’égalité hommes femmes »

A Signer sur site : http://www.petitionpublique.fr/PeticaoAssinar.aspx?pi=P2011N8270

Que demandons-nous dans cette pétition ? Une application stricte de la Charte Olympique !

Trois revendications contre les discriminations ordinaires

* La parité dans les disciplines et les épreuves Olympiques
* Organes de décision : présence d’au moins 20% de femmes
* Reconnaissance et visibilité des sportives : le président du CIO devrait remettre la Médaille

d’Or à la fois au marathonien et à la marathonienne.

Trois revendications contre la ségrégation fondée sur le sexe :

* Bannir les délégations composées uniquement d’hommes
* Bannir les délégations arborant des signes politico-religieux
* Le CIO ne devrait plus apporter sa caution aux jeux internationaux de la ségrégation organisés par Téhéran. pour les femmes.

Une revendication plus globale afin de « construire un monde meilleur » : lutter contre les stéréotypes (sexisme, homophobie, transphobie), ségrégation entre JO et jeux Paralympiques, prostitution autour de Jeux).

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