Article de Michèle Fitoussi concernant la visite manquée de Nicolas Sarkozy à sciences-po

Article de Michèle Fitoussi concernant la visite manquée de Nicolas Sarkozy à sciences-po

Forum du journal « Elles » interpellation des candidat-es à la présidentielles 2012, Sciences-Po.

Monsieur Nicolas Sarkozy s’est décommandé à la dernière minute, au prétexte que sa sécurité n’était pas assurée. Il n’en était rien. Toute la journée ses équipes s’étaient succédées pour vérifier qu’il n’y avait aucun risque. Par ailleurs, les équipes de sécurité de Science Po, qui ont l’habitude de ce genre d’évènements, étaient sur le qui vive. Il y avait tout au plus quelques étudiants chahuteurs, (bien moins que pour madame Marine Le Pen) alors que d’autres arboraient des badges « Sarkozy président ». Après tout, n’est ce pas une tradition de Sciences Po, depuis la création de l’école, que les étudiants puissent exprimer leurs convictions? La déception de la majorité des étudiants a été à la hauteur de ce « lapin » présidentiel, d’autant que beaucoup attendaient qu’il rende un hommage, au sein même de leur école, à leur directeur Richard Descoings, décédé la veille. La déception du public n’en a pas moins été profonde. Beaucoup de nos invités s’étaient expressément déplacés pour entendre le président candidat, et, j’en connais personnellement qui avaient annulé ou reporté des rendez-vous, des réunions à cet effet , d’autres qui étaient venus de province. Monsieur Sarkozy a estimé que quelques chahuteurs pouvaient le mettre en péril pour refuser le débat. C’est son choix. C’est son droit.

Notre choix et notre droit étaient de ne pas vouloir laisser parler à sa place madame Kosciusko-Morizet envoyée à sa place. Valérie Toranian, l’a laissée monter sur scène, par politesse envers elle, mais il n’a jamais été question qu’elle remplace monsieur Sarkozy comme elle entendait le faire. Ce qui s’est passé ensuite, le chahut, les huées venus du public sont bien évidemment imputables à la déception de la salle face à la défection de dernière minute de Nicolas Sarkozy et à sa volonté de le remplacer par sa porte- parole, ignorant volontairement la règle de ce forum républicain. C’est regrettable, certes, et nous le regrettons, mais ce furent aussi les conséquences de toute cette désinvolture envers un journal, des journalistes, un public composé de femmes et d’hommes attentifs aux questions de société et de parité, et une Grande Ecole qui forme les élites politiques de demain.

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