Chronique de l’association Regards de Femmes »

Chronique de l’association Regards de Femmes »

Chronique de l’association Regards de Femmes » sur la question posée au Conseil constitutionnel par l’Union des Droites pour la République :

« Peut-on faire annuler les pénalités infligées aux partis qui ne respectent pas la parité aux législatives ? »

Peut-on faire annuler les pénalités infligées aux partis qui ne respectent pas la parité aux législatives ?
Réponse du Conseil constitutionnel : NON.
Parce que la parité n’est pas une option politique, c’est une exigence constitutionnelle. L’égalité devant le suffrage, ce n’est pas seulement déposer un bulletin dans l’urne. C’est aussi pouvoir être candidate, être élue, accéder aux responsabilités.

Dans sa décision du 16 avril 2026, le Conseil constitutionnel a validé pleinement ce mécanisme. Le principe est simple : l’État finance les partis, mais il peut moduler cette aide s’ils ne présentent pas suffisamment de femmes. Et dans le cas de l’UDR, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 17 % de candidates seulement… donc une perte de près de 98 % de l’aide publique.

Le parti d’Éric Ciotti dénonçait une atteinte à la liberté politique…mais l’argument a été également rejeté. Le Conseil rappelle que la parité est une exigence constitutionnelle.
Et surtout, ce n’est pas une sanction, mais une condition liée à un financement public. Les partis sont libres – mais l’argent public, lui, n’est pas inconditionnel. Ils ne peuvent pas exiger un financement public tout en ignorant un principe fondamental de la République.
Contester ces règles, ce n’est pas neutre. C’est remettre en cause un mécanisme qui, justement, oblige à partager le pouvoir.
Alors oui, le Conseil constitutionnel tranche juridiquement. Mais il envoie aussi un signal : l’égalité femmes-hommes n’est pas négociable quand il s’agit de la représentation démocratique.
Cette décision compte particulièrement aujourd’hui parce qu’elle résonne avec un anniversaire majeur : les 80 ans du premier vote des Françaises, en 1945.
Huit décennies plus tard, on doit encore contraindre financièrement certains partis à présenter des femmes.
Le message est clair :  une démocratie où les femmes restent sous-représentées n’est pas pleinement une démocratie. Il n’y a pas de gouvernance démocratique sans les femmes.
La parité n’est ni un symbole, ni une faveur, C’est un levier concret pour corriger des inégalités qui, sinon, perdurent
Et au fond, la vraie question, c’est celle-ci : pourquoi cette décision, qui touche au cœur même de notre démocratie, fait-elle si peu de bruit ?

Lyon (69), 2 mai 2026, Michèle Vianès.

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