Le soulèvement national en Iran entre dans une nouvelle phase avec le rôle actif des femmes

Le soulèvement national en Iran entre dans une nouvelle phase avec le rôle actif des femmes

Source : Commission des femmes du Conseil national de la révolution iranienne.

7 janvier 2026

Le mardi 6 janvier 2026, le soulèvement national en Iran est entré dans une nouvelle et décisive phase de confrontation avec la dictature cléricale du pays. Les manifestations se sont désormais étendues à au moins 110 villes à travers l’Iran, et l’identité de 32 personnes tuées lors du soulèvement a été confirmée.

Aux côtés des slogans largement scandés « À bas Khamenei » et « À bas le dictateur », un mot d’ordre déterminant a résonné dans les villes de tout le pays : « Cette année est l’année du sacrifice, Seyed Ali Khamenei sera renversé ».

Téhéran : le bazar se soulève, les affrontements s’étendent dans la capitale

Tôt mardi matin, le cœur de Téhéran a été le théâtre d’une montée des manifestations menée par les commerçants du bazar et la jeunesse insurgée. De larges sections du Grand Bazar se sont mises en grève totale, les commerçants fermant leurs échoppes et lançant des rassemblements de protestation. Malgré le déploiement de canons à eau, une forte présence de forces antiémeutes, d’agents en civil et d’au moins vingt bus transportant des forces de sécurité, le régime clérical n’est pas parvenu à réprimer les manifestations.

Dans le même temps, les zones centrales de Téhéran ont été placées sous un verrouillage sécuritaire intense. Les forces de sécurité ont même utilisé des ambulances pour transporter du personnel. À partir de 15 heures, les manifestations et les affrontements se sont intensifiés dans les quartiers sud de la capitale. Dans toutes ces zones, les manifestants ont scandé « À bas Khamenei » et « À bas le dictateur ».

Les manifestations se sont également poursuivies dans l’ouest et certaines parties du nord de Téhéran. En soirée, les affrontements ont atteint leur paroxysme à Sadeghieh, Tadjrich et sur l’avenue Enghelab. Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les foules, sans parvenir à reprendre le contrôle. Des gaz lacrymogènes ont même été tirés en direction de l’hôpital Sina, dans le secteur de Hassan Abad. Des manifestations ont aussi été signalées dans le quartier de Khak e Sefid.

Parallèlement, les étudiantes de l’université Al Zahra, une université exclusivement féminine de Téhéran, ont rejoint le soulèvement en scandant des slogans hostiles au régime.

Chahrekord et Ilam : rôle marquant des femmes, affrontements directs

À Chahrekord, des manifestations de grande ampleur ont éclaté avec une présence forte et visible de femmes. Les manifestants ont affronté directement les unités des forces spéciales après que les forces de sécurité ont bloqué les principaux axes afin d’empêcher les rassemblements. Les habitants ont réagi en allumant des feux dans les rues pour empêcher l’avancée des unités de sécurité.

Dans une scène particulièrement marquante, une jeune femme s’est tenue seule face à un canon à eau, défiant ouvertement et humiliant les forces du régime.

Les commerçants du bazar de Chahrekord étaient également en grève

À Abdanan, dans la province d’Ilam, la ville est passée de fait sous le contrôle des manifestants et de la jeunesse insurgée. Les foules contrôlaient les rues et, lorsque les forces des Gardiens de la révolution ont tenté d’attaquer les manifestants, elles ont été confrontées à une résistance organisée. Un magasin appartenant aux Gardiens de la révolution a été incendié et les forces de sécurité, incapables de faire face à la foule, se sont repliées sur le toit d’un commissariat. Craignant l’extension du soulèvement, les autorités ont coupé l’électricité de la ville.

Malekchahi et Ilam : la colère populaire après les tueries

Mardi matin, les victimes du soulèvement à Malekchahi, dans la province d’Ilam, ont été enterrées en présence d’une participation populaire massive, comprenant un grand nombre de jeunes femmes et de jeunes filles. Les cortèges funéraires se sont transformés en marches de protestation, avec des slogans tels que « À bas Khamenei », « À bas les Gardiens de la révolution » et « Cette année est l’année du sacrifice, Seyed Ali Khamenei sera renversé ».

La colère suscitée par les meurtres des 3 et 4 janvier à Malekchahi et à Ilam a alimenté de nouveaux affrontements. Les manifestants ont scandé « Je tuerai celui qui a tué mon frère ». Lors des confrontations avec les forces antiémeutes, plusieurs membres des forces de sécurité auraient été tués ou blessés, tandis que d’autres ont pris la fuite. Une banque appartenant à l’État a été incendiée. Des témoins ont rapporté que les forces de sécurité se sont retirées, laissant certaines parties de la ville effectivement libérées.

Les universités et les villes de tout le pays rejoignent le soulèvement

Dans la nuit du lundi 5 janvier, à Tabriz, des manifestants scandant « Un Iranien digne, le chah comme le cheikh sont une honte » ont bloqué les axes d’approvisionnement des forces de sécurité en lançant des cocktails incendiaires et en incendiant des poubelles.

À Machhad, des manifestants ont bloqué les routes de la rue Ghayour en scandant « À bas l’oppresseur, qu’il soit chah ou guide des mollahs ».

À l’université de Birdjand, les étudiants ont scandé des slogans tels que « Nous n’avons pas donné de martyrs pour transiger », « Je tuerai celui qui a tué mon frère » et « La neutralité est une trahison ». Les forces de sécurité ont ensuite pris d’assaut l’université et le dortoir des étudiantes, arrêtant un certain nombre d’étudiants.

De 13 heures jusqu’à minuit le 6 janvier, les manifestations et les affrontements se sont poursuivis dans des dizaines de villes, notamment à Arak, Songhor, Eslamabad e Gharb, Ispahan, Yazdanchahr, Kouchk, Chahrekord, Machhad, Nourabad e Mamasani, Hafchedjan, Kouhdacht, Malekchahi, Jask, Qasr e Chirin, Kermanchah, Ilam, Abdanan, Sari, Modjanabad dans la province du Khorasan, Neyriz dans la province du Fars, Mehrchahr, Qazvin, Alvand, à l’université des arts de Kerman, ainsi qu’à Mahabad.

À Boroudjerd, les habitants ont défilé dans la soirée en scandant « À bas le dictateur ».

À Machhad, les forces antiémeutes ont attaqué les manifestants sur la place 17 Chahrivar à l’aide de gaz lacrymogènes, mais les protestataires ont résisté en scandant « Liberté, liberté ».

À Ispahan et à Chiraz, des habitants ont tenté de libérer des manifestants récemment arrêtés, tandis que des slogans hostiles au régime résonnaient dans les rues.

À Kermanchah, les manifestations nocturnes ont atteint leur point culminant lorsque de grandes foules ont affronté les forces de sécurité.

Des manifestations nocturnes ont également été signalées à Lahijan, Qom, Tabriz, Birdjand et Sari.

Ampleur et signification

À minuit le mardi 6 janvier, des manifestations avaient éclaté dans plus de 90 villes réparties dans 27 provinces. Environ 20 villes, dont Boroudjerd, Yazdanchahr, Kouchk, Malekchahr et Chenar Asadabad dans la province de Hamedan, ont rejoint le soulèvement pour la première fois.

L’ampleur, l’intensité et la coordination de ces manifestations soulignent un tournant décisif : le soulèvement en Iran est entré dans une nouvelle phase, dans laquelle les rues, les universités, les bazars et les quartiers sont devenus simultanément des espaces de confrontation directe avec le régime clérical, portés en grande partie par le courage, le leadership et la détermination des femmes.

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