Maroc : Procès politiques et violences en détention – La vie de Saïda El Alami en danger

L’Association de défense des droits humains au Maroc exprime sa profonde inquiétude et condamne avec la plus grande fermeté les graves violations dont est victime la militante politique et défenseure des droits humains Saïda El Alami, actuellement détenue au centre pénitentiaire d’Oukacha à Casablanca.
Lors d’un procès largement considéré comme un simulacre de justice, Saïda El Alami a été condamnée à trois ans de prison ferme pour avoir dénoncé, sur les réseaux sociaux, la corruption, le népotisme et les atteintes graves aux droits humains. Cette condamnation s’inscrit dans un contexte préoccupant de répression des voix critiques au Maroc.
Selon des informations concordantes, Saïda El Alami a été la cible de violences physiques et psychologiques exercées par des surveillantes de prison :
– coups et blessures sur différentes parties de son corps,
– insultes et humiliations,
– crachats au visage,
– déchirure de ses livres,
– déversement volontaire d’eau sur son matelas et ses couvertures afin de l’empêcher de dormir.
Face à ces traitements inhumains et dégradants, Saïda El Alami a entamé, le 25 décembre 2025, une grève de la faim illimitée, mettant gravement en danger sa santé déjà fragilisée par plusieurs maladies chroniques. Sa situation nécessite une intervention urgente.
Notre association :
– condamne fermement ces actes de violence systémique et les représailles infligées à une détenue d’opinion ;
– tient les autorités marocaines et l’Administration générale des prisons responsables de l’intégrité physique et morale de Saïda El Alami ;
– exige l’ouverture immédiate d’une enquête impartiale, indépendante et transparente afin d’établir les faits, identifier les responsables et appliquer les sanctions prévues par la loi ;
– demande la cessation immédiate de toute forme de mauvais traitement à l’encontre de la militante et appelle à ce qu’elle bénéficie des soins médicaux nécessaires.
Nous appelons tous les démocrates, citoyennes et citoyens engagés, organisations et défenseurs des droits humains à se mobiliser pour soutenir Saïda El Alami et à agir pour mettre fin aux persécutions dont elle fait l’objet. Sa liberté et sa dignité doivent être restaurées sans délai.
Le respect des droits humains, de la justice et de la dignité des personnes privées de liberté est un devoir fondamental de l’État.
Paris, le 29 décembre 2025
Contact Ben Aziz, courriel : abenabde2000@yahoo.fr