Les féministes de la CLEF interpellent les candidates aux élections européennes du 9 juin 2024
Paris, Samedi 25 mai 2024 – Question surprise : Monique Dental, Présidente fondatrice Réseau Féministe « Ruptures »
La question que je vais aborder n’est pas comprise dans le Manifeste, néanmoins le Réseau Féministe « Ruptures » et le Mouvement du Nid, membres de la CLEF, y sont très attachés.
Il s’agit du phénomène qui traverse le monde associatif depuis 2010 qui est celui de la lutte contre la marchandisation et la financiarisation de l’action associative et la sauvegarde des libertés associatives.
Depuis que l’Europe soumet les associations aux mécanismes du marché, elle perçoit et traite les associations comme des entreprises. Cette nouvelle gestion qui repose sur un principe de la concurrence libre et non faussée aboutit à une transformation de la politique des financements associatifs dans notre pays.
Au quotidien, nous constatons les évolutions marquantes de cette logique :
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La montée des appels à projets et des appels d’offres des marchés publics ;
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Qui provoquent la mise en concurrence et nous soumet de façon systématique ;
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en faisant place à l’entrée d’acteurs financeurs du privé ou de fondations qui encadrent nos associations et contrôlent nos projets.
C’est la commande publique même qui en est transformée.
Cette conception a été mise en œuvre lors de la préparation du Forum Génération Egalité FGE en 2021 (bilan « Pékin+25 »).
Conséquence :
Cette politique qui réduit nos associations à leur seule dimension économique est un vrai recul.
En outre, elle modifie la conception fondamentale de la loi 1901 qui garantissait l’autonomie des projets associatifs et leurs financements – et cela sans contrepartie – d’où l’exercice d’une certaine indépendance, entraînant une réelle mise à mal des libertés associatives.
Cette politique est possible parce qu’il n’existe pas de statut associatif au niveau européen.
C’est la raison pour laquelle le seul moyen d’enrayer la machine serait d’œuvrer pour en faire exister un, permettant la construction d’une société réellement féministe, solidaire, durable et participative.
Pour cela, il faut maintenir le rôle essentiel que tiennent les associations : celui de faire remonter les besoins sociaux et de construire ce tissage social qui fait notre démocratie.
Une fois élue :
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Comment pensez-vous limiter – si ce n’est éradiquer – la mise en concurrence des associations avec le secteur lucratif, via les marchés publics ?
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Nous attendons de vous que vous vous engagiez à défendre un statut associatif européen faisant de nos associations de véritables partenaires sociétaux.