Soutenez l’action de l’Association Femmes de papier du territoire du Comminges (département 31)

vendredi 8 mai 2015
par  Ruptures
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« Soutenez l’action de l’Association Femmes de papier du territoire du Comminges (département 31) »

Les femmes victimes de violence du Comminges et leurs enfants doivent-ils se taire ? Le Comminges laissera-t-il disparaître un service de plus ? L’Association Femmes de Papier lance un dernier appel à la mobilisation pour la réouverture de l’accueil de jour.

Le territoire du Comminges (département 31) est sur le point de perdre sa seule association spécialisée d’accueil et d’accompagnement des femmes victimes de violences, membre de la Fédération Nationale Solidarité Femmes : l’association Femmes de Papier, à Saint-Gaudens.

Malgré ses 10 ans d’existence au cours desquels plus de 1100 femmes du Comminges ont été accompagnées, malgré sa labellisation « Accueil de jour » par l’État en 2013, malgré l’engagement de quelques partenaires, l’association manque de financements indispensables à son fonctionnement.

Perdre les Femmes de Papier, cela veut dire que ce ne sont pas moins de 130 femmes par an du Comminges qui retourneront dans le silence et l’oubli, c’est condamner des enfants à grandir dans la violence au quotidien, c’est fermer les yeux sur les violences faites aux femmes et par là même sur les droits humains, c’est accepter qu’un homme sur dix opprime sa compagne.

Il manque 40 000 € à l’association pour l’année 2015 pour financer un local (la subvention ayant été supprimée à l’été 2014) et deux postes à temps plein. C’est un investissement dérisoire, comparé au coût social, sanitaire, économique des violences conjugales, évaluées à 39€ par an et par habitant.

Le 14 avril, l’association a été reçue par la sous-préfecture du 31 pour faire un point sur la situation (voir le compte-rendu ci-dessous). Deux réunions avec les partenaires organisées par l’association ont déjà eu lieu en décembre 2014 et février 2015 pour tirer un signal d’alarme sur la situation à venir de l’association. Il n’y a pas eu de mobilisation suffisante, ce qui a amené l’association à fermer son accueil de jour au 31 mars au soir comme elle l’avait annoncé

Malgré une gestion irréprochable, l’association a déjà connu deux fermetures en 2010 et 2013 faute de moyens et c’est encore une fois grâce au bénévolat et au militantisme et à une précarité de l’emploi et quelques subventions exceptionnelles que l’association a pu rouvrir.

Ce n’est plus possible ainsi ! Il faut des moyens complémentaires durables pour que l’association fonctionne de façon pérenne ! C’est le moment, où que vous soyez sur le territoire, de faire connaître votre refus des violences faites aux femmes, de la nécessité d’y dédier des moyens nécessaires, de faire savoir votre engagement pour une égalité des droits des femmes et des hommes sur l’ensemble du territoire, tant dans le rural que dans l’urbain ! La pétition sera diffusée aux financeurs dès mercredi prochain. Plus de 500 personnes l’ont déjà signée sur internet ou sur papier, mais ce n’est pas encore assez !

Ne laissez pas l’association Femmes de Papier, fermer son accueil de jour ! Soutenez-là ! Soutenez les femmes victimes de violences ! Les Ami-e-s de l’association Femmes de Papier.

Pour signer la pétition :

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Les_acteurs_publics_du_Comminges_de_la_HauteGaronne_Des_moyens_suffisants_pour_lassociation_Femmes_de_Papier//?launch

Compte-rendu de la réunion du 14 avril 2015 entre l’Association Femmes de Papier et la sous-préfecture du 31

Le mardi 14 avril, l’association Femmes de Papier avait un rendez-vous, organisé par la sous-préfecture.

M. le Sous-Préfet, Mme la Chargée de mission Départementale aux Droits des Femmes et à l’Egalité, M. Le Maire de St-Gaudens, la Communauté de Communes du St-Gaudinois en la personne de Mme Barbolosi, directrice du CIAS et de Mme Millet, élue à la Communauté de Communes étaient présents.

L’association Femmes de Papier était représentée par Michelle FAVAL, présidente, Emma Gassier, vice-présidente, Carole Linselle, trésorière et Laëtitia Mazoyer, salariée.

Le Conseil Départemental n’était pas présent et n’a pas fait part de sa position. La CAF, partenaire très attentif et impliqué, s’était excusée.

Même si les partenaires présents ont fait part de leur attachement à l’association et reconnaissent la qualité du service, cette réunion n’a donné aucune autre perspective de financement complémentaire. Il a été cependant évoqué la question des aides à l’emploi, qu’il faut encore creuser (critère, éligibilité...).

Malgré le soutien inter associatif, plus de 1000 signatures de la pétition, les retours unanimes des partenaires sur l’utilité publique de ce service, il semble que le territoire du Comminges et ses élu-e-s n’aient pas mesuré collectivement l’impact social et économique de cette fermeture.

Investir dans l’accompagnement des femmes victimes de violence, dont les droits humains fondamentaux sont bafoués au quotidien, c’est essentiel, vital et porteur d’avenir.

Si les femmes victimes et leurs enfants sont les premiers à en pâtir, c’est bien tout le territoire, les habitant-es-, les collectivités qui continueront d’en payer les conséquences, car les violences coûtent et sont la cause de problèmes de santé, de pertes économiques, de délinquance, de sécurité... Ne pas investir dans ce travail d’accompagnement n’exonérera pas les acteurs publics d’assumer les dépenses liées aux conséquences des violences.

Alors que les deux contrats des salariés prennent fin le 26 avril, que l’accueil est fermé depuis le 31 mars et que déjà les services d’accès au droit, les travailleurs-travailleuses sociales du territoire, partenaires ressentent l’impact de cette fermeture, l’association Femmes de Papier tenait à faire cet appel au territoire, publiquement. Cela fait dix ans que l’association travaille sur le territoire, dix ans de partenariat, d’expérience reconnue, pour un public méconnu, oublié, même si les femmes représentent toujours la moitié de L’Humanité.

Cette troisième fermeture nous met très en colère. Elle a aussi amené quelques femmes à prendre le risque de témoigner pour elles et pour toutes les autres. Elles font preuve d’un immense courage au quotidien et participent largement au développement de nos territoires, en s’impliquant auprès de leurs proches, dans la vie sociale, économique et politique. Certaines femmes accompagnées nous demandent ce qu’elles peuvent faire et proposent même de participer au coût du service, malgré leurs difficultés, en soutien à l’association... Mais, où allons-nous ?

Nous disons que les femmes payent assez les conséquences des violences tous les jours, ce qui n’est pas souvent le cas des auteurs, qu’il est injuste qu’elles aient aussi et encore à assumer ce coût de reconstruction, sans l’aide suffisante des pouvoirs publics. Alors que nous venons de déposer le 14 avril les dossiers de bilan aux différents partenaires et les pétitions, le Conseil Départemental ayant été le seul à restreindre l’accès de notre petite délégation à ce bâtiment public, nous disons que l’association Femmes de Papier est dotée d’une équipe et d’un savoir-faire important sur le territoire, qui doit être désormais être reconnu et financé à sa juste valeur. Les bénévoles ne peuvent pas assumer un travail d’accompagnement.

Avec nous, mobilisez-vous pour que l’égalité des droits des femmes et des hommes en Comminges, comme ailleurs, ne soit pas que sur le papier et que les violences faites aux femmes n’aient plus droit de cité !

Toute l’actu des Femmes de Papier sur : https://www.facebook.com/pages/Femmes-de-Papier-Comminges/1570036083251446

(Extrait du Bulletin du Réseau Féministe « Ruptures » n° 364-Mai 2015)