Positions d’associations sur les résultats aux Elections Législatives 2012

vendredi 20 juillet 2012
par  Ruptures
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Positions d’associations sur les résultats aux Elections Législatives 2012

Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF) - Communiqué de presse

« Les femmes à l’Assemblée Nationale : Des progrès mais insuffisants »

La composition de l’Assemblée nationale telle que sortie des urnes le 17 juin 2012 voit sa représentation féminine passer de 18,5% à 26,86% et progresser du 17ème au 8ème rang dans le classement du nombre des femmes présentes dans les parlements des 27 Etats membres de l’Union Européenne. L’examen des résultats révèle que les partis politiques ont contribué de façon inégale à cette embellie, certains d’entre eux préférant considérer les candidatures féminines comme des variables d’ajustement dans des circonscriptions ingagnables.

Malgré la loi du 31 janvier 2007 prévoyant d’alourdir les pénalités financières imposées aux partis politiques qui ne présenteraient pas 50% de candidates, le nombre de candidates en 2012 a enregistré un recul passant de 41,6% en 2007 à 40%.

Ce système a montré encore une fois ses insuffisances tant pour ce qui concerne le nombre de candidates investies que de candidates élues, encore très éloigné de la parité. Les ½ mesures en vigueur aujourd’hui, censées être incitatives pour améliorer la représentation des femmes contribuent en fait à maintenir leur sous représentation en l’absence de toute contrainte légale et de volonté politique de la part des partis. Il faut y mettre un terme.

Conformément aux engagements pris par le Président de la République, la CLEF et les associations engagées sur le terrain de la parité demandent au nouveau Gouvernement :
- la suppression complète de l’aide publique aux partis (première et deuxième fraction) qui ne respecteraient pas la parité.
- le vote d’une loi sur le non-cumul des mandats.
- une part de proportionnelle pour les élections législatives
- la nomination paritaire aux présidences des commissions parlementaires
- la nomination impérative d’une femme à la présidence de l’Assemblée nationale.

Communiqué de presse de l’Association Elles Aussi

« 26,9% de femmes à l’Assemblée nationale un progrès notable, mais ce n’est pas la parité »

Avec ce résultat, la France améliore nettement sa position en Europe (passant de la 18ème à la 9ème place) et dans le monde (un gain de plus de 30 places), sans oublier l’exemplarité d’un premier gouvernement paritaire. Pourtant il y a eu moins de candidates qu’en 2007 (40% au lieu de 41,6%) malgré l’alourdissement des pénalités financières. Elles n’étaient plus que 31,6% au second tour, ce qui démontre qu’elles étaient majoritairement investies dans des circonscriptions difficiles.

Ce mécanisme de pénalités, institué avec la loi de 2000, montre son inefficacité globale. Il ne fonctionne que pour les partis non majoritaires qui ne peuvent se priver de ce mode de financement. Il faut donc réfléchir à d’autres mesures d’incitation ou de contrainte.

Cette progression vers la parité est le résultat de choix de partis politiques, et de l’engagement des femmes. En effet, le PS a présenté plus de candidates que l’UMP (respectivement 45% et 25%), avec un résultat bien meilleur qu’en 2007 (37,86% d’élues contre 25,9% pour le PS) ; l’’UMP a reculé avec 13,9% d’élues, préférant privilégier « les notables » le plus souvent cumulards plutôt que d’investir des femmes dans des circonscriptions gagnables. EELV, qui a inscrit la parité dans ses statuts, aura un groupe paritaire à l’Assemblée nationale comme au Sénat.

Face à cet état des lieux, nous rappelons nos exigences : - Le non-cumul des mandats pour les parlementaires qui devrait donner un appel d’air aux candidatures de femmes.

- une réflexion sur des mesures qui garantiraient une parité de résultat, dont le scrutin binominal

- la mise en oeuvre d’une culture de la parité dans les partis : parité dans les instances, commissions d’investiture paritaires, plans d’action pour la parité.

Une assemblée plus équilibrée bénéficierait à toute la société : une prise en compte dans l’élaboration des lois de l’impact différencié sur les femmes et les hommes, plus d’égalité, moins de sexisme ambiant.

Paris, le 19 juin 2012

Elles aussi, 98 rue de l’Université, 75007 Paris - contact : 06 83 59 85 38 courriel : ellesaussisecretariat@yahoo.fr www.ellesaussi.org

Communiqué de la Ligue du Droit International des Femmes

« La Présidence de l’Assemblée Nationale ne doit pas échapper aux femmes ! »

Certes Ségolène Royale a été battue, mais on sait dans quelles conditions. Pour autant il n’est pas question d’abandonner l’exigence de voir enfin une femme devenir Présidente de l’Assemblée Nationale. Il faut aussi veiller à la future distribution des postes de Président(e)s de Commissions Parlementaires. Le tour de passe- passe éculé qui consiste à penser aux femmes pour les Vice-présidence a fait son temps.

Ségolène Royale, qu’on l’ait ou non suivie en tant que socialiste, et quel que soit son parcours futur, aura incontestablement eu le grand mérite d’avoir osé afficher des vrais ambitions : la Présidence de la République, la direction du Parti socialiste, la Présidence de l’Assemblée Nationale.

Oser l’échec est aussi une façon de marquer l’histoire.

Le 18 juin 2012.

Annie Sugier, Présidente de la LDIF. Site : http://www.ldif.asso.fr

Jean Glavany, candidat au prix Macho de l’année 2012

Les Chiennes de garde dénoncent le sexisme ordinaire de Jean Glavany député socialiste qui estime, en parlant de la présidence de l’Assemblée nationale, que c’est « l’adéquation d’un homme pour le poste » qui compte et que cela « ne se mesure pas à la longueur des cheveux ou de la jupe ».

Pendant toute l’année, Les Chiennes de garde exercent leur vigilance et répertorient des déclarations publiques machistes pour décerner un Prix au Macho de l’année, destiné à l’auteur de la remarque, déclaration ou insulte la plus sexiste, faite publiquement à une femme ou au sujet de femmes, pendant l’année. Quel florilège de remarques machistes sur la sexualité, le physique ou la compétence des femmes insultées ! La concurrence promet d’être rude pour 2012 !

Il est temps que les hommes politiques, qui se devraient d’être exemplaires, aient honte de prononcer ce type de phrases qui ont pour objectif d’affirmer leur domination sur leurs collègues féminines. Ni gauloiserie, ni grivoiserie, ni humour, il s’agit de sexisme archaïque ! Les Chiennes de garde disent : « Ca suffit ! Maintenant ! ».

19 juin 2012.

Site web : http://www.chiennesdegarde.com

Communiqué de presse : Pour une présidente de l’Assemblée nationale

Nous nous réjouissons que le gouvernement soit paritaire.

Nous ne pouvons nous satisfaire de l’augmentation du nombre de femmes députées dans la nouvelle assemblée, mais apprécions l’effort de la majorité présidentielle pour s’approcher de la parité.

Un homme est président de la République, un homme est président du Sénat, un homme est premier ministre. Il nous parait indispensable qu’une femme préside l’Assemblée nationale. Il ne manque pas de femmes compétentes, dans la majorité présidentielle pour remplir cette fonction. L’une d’entre elles s’est d’ailleurs portée candidate.

Si ce n’est pas maintenant, en 2012, alors que les socialistes disposent de pouvoirs institutionnels décisifs, qu’un tel geste s’accomplit, ça sera quand ?

Martine Storti, présidente de l’association 40 ans de mouvement
Françoise Picq, vice présidente de l’association 40 ans de mouvement
Monique Dental, présidente de l’association Ruptures
Séverine Lemière, présidente de l’association FIT
Marie Cervetti, directrice de l’association FIT

Contact : Martine.storti@wanadoo.fr