OTAN : une dérive guerrière

dimanche 26 avril 2009
par  Administratrice
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Contre Sommet de l’OTAN,
3-5 avril 2009 Strasbourg

Atelier : L’OTAN=Sécurité ? Le genre en question »

Contribution du Réseau Féministe « Ruptures »
« OTAN : une dérive guerrière. La guerre est anti féministe »

Le Collectif Féministe « Ruptures » et son Réseau, engagés dans la réalisation des droits humains fondamentaux des femmes et du développement durable au niveau national, européen et international s’étaient déjà mobilisés pendant la crise du Golfe contre toute solution militaire. Tout en condamnant l’agression irakienne, nous avions pris, avec d’autres associations, l’initiative, d’une « Lettre des citoyennes », adressée au Président de la République, exigeant la tenue d’une Conférence internationale pour tenter de régler avec les peuples concernés les graves problèmes du Moyen-Orient.

Conscientes de représenter dans ces actions une grande majorité de femmes et d’hommes vivant dans notre pays (les sondages montraient amplement que les françaises et les français refusaient toute participation de la France à ce conflit), en 2003, nous avons été partie prenante de la Coordination nationale « Non à la guerre contre l’Irak : oui à un monde de Justice, de paix et de Démocratie au Moyen-Orient et dans le monde ».

Aujourd’hui, les stratégies de défenses qui ont fondé L’OTAN se sont transformées en stratégies de dissuasion, de menaces, d’hégémonie contre et envers d’éventuels ennemis ; l’OTAN ne fonctionne plus dans une logique de paix, mais dans une logique de conflits. C’est pourquoi nous appelons à la plus grande vigilance quant aux conséquences du durcissement du discours et des engagements des membres de l’OTAN :

· parce que nous sommes conscient-e-s et coque la guerre moderne affecte de manière démesurée les populations civiles, en particulier les femmes et les enfants ;

· parce que nous savons que le processus de militarisation empêche l’investissement dans les droits humains, le développement social et l’égalité des sexes ;

· parce que nous nous sentons concerné-e-s par le fait que la violence envers les femmes et les jeunes filles dans des situations de conflits et d’après conflits est extrême, systématique et générale ;

· parce que l’expérience nous a appris qu’une culture de la militarisation fait taire les voix des femmes et les laisse impuissantes, obligées de supporter le plus gros de la guerre tout en accomplissant chaque jour des actions pour la paix et le développement durable au sein de leur communautés ;

· parce que dans toute l’Europe et au niveau international, tout en condamnant les dictatures de tous ordres, des associations de femmes, des ONG féminines, des militantes féministes disent non à toutes dérives de militarisation ;

· parce que la guerre ne fait qu’ensevelir nos espoirs de liberté, de démocratie et encore plus dans les pays où la démocratie et la liberté restent enjeux de mobilisations ;

· parce qu’une guerre a un impact dévastateur sur les peuples et les pays qui y sont soumis ;

· parce que la pression des principaux Etats du « Nord » pour s’ériger en défenseurs de leurs propres valeurs culturelles et religieuses face aux menaces annoncées ignore toute autre solution en faisant fi des organisations internationales qui œuvrent à défendre les droits humains élémentaires.
Pour toutes ces raisons, on aurait pu espérer en ce début du XXIème siècle, que les hommes qui continuent à monopoliser le pouvoir se montrent plus respectueux des droits humains.

Nous voulons nous engager pour une paix durable dans le monde entier et ne pouvons que manifester notre volonté pour qu’il soit mis fin aux violations des droits humains non par la brutalité des conflits mais par des interventions respectueuses des populations, visant à l’application des droits les plus élémentaires, principalement aux femmes et aux enfants, qui en sont le plus démunis.

Paris, le 24 mars 2009.

Monique DENTAL
Fondatrice du Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes « Ruptures »,
Animatrice de ses activités en Réseau.

Le Collectif Féministe « RUPTURES » et son réseau dans la mixité, Association loi 1901,

est membre du Collectif National pour les Droits des Femmes,
de la Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF), de la Marche Mondiale contre le Violences et la Pauvreté.

Contacts : Téléphone : (00.33) 1.42.23.78.15

courriel : monique.dental@orange.fr

Site : http://www.reseau-feministe-ruptures.ras.eu.org