Mot de rentrée

lundi 10 septembre 2018
par  Ruptures
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Chères amies,

Chers amis,

Contact et ou sympathisant-es du Réseau Féministe « Ruptures »

C’est la rentrée scolaire, politique, associative et comme chaque année à cette époque nous préparons nos cartables citoyens, l’esprit encore au rythme décalé de nos journées d’été.
Cet état trompeur a endormi momentanément notre vigilance militante qui n’a pas eu le temps de faire l’état des lieux : « Les pauvres sont moins pauvres au soleil… » chantait Charles Aznavour, puis l’éloignement en temps et en distance de nos activités militantes en tout genre, ainsi que le voile complaisamment installé dans les torpeurs des après-midis caniculaires, n’ont hélas pas supprimé la réalité qui brusquement réapparaît avec la rentrée.

Deux temps dans ce moment chaque année renouvelé : en premier lieu, un bref regard sur ce qui s’est passé malgré tout au cours de cette somnolence estivale suivi des perspectives d’action à mener pour les droits des femmes de toutes générations et de toutes origines en fonction des événements prévus, prévisibles et parfois surprenants des mois à venir.

Au cours de l’été, les nouvelles d’Argentine en écho aux montées des nationalismes confortés par des pouvoirs religieux friands de cette réaction qui les transcendent comme base naturelle de leur ordre moral ne présagent rien de bon pour les droits des femmes.

Nous n’avons pas très bien vécu que des ateliers prévus pour le 8ème congrès international des Etudes Féministes dans la Francophonie qui s’est tenu à Nanterre la dernière semaine d’août, aient été retoqués mettant à mal le droit à la diversité d’opinion.

Nous avons encore vu à ce même Congrès des individu-es militants du réglementarisme prostitutionnel, invectiver et interrompre violemment des intervenant-es abolitionnistes dans des ateliers qu’ils organisaient.

Après les vagues d’espoir liés aux mouvements des femmes et des féministes engendrés par la vague #Me-Too, nous assistons aux ressac des mouvements réactionnaires patriarcaux d’autant plus virulents qu’ils ont été fortement et justement mis en cause.

Notre feuille de route va clairement s’écrire en réponse aux attaques que subissent les droits des femmes dans le monde, en Europe et en France.

L’effet backlash trouve un terreau fertile dans les différents populismes installés ou qui se développent rapidement dans de nombreux pays démocratiques remettant parfois en cause la notion même de démocratie. Les femmes n’y auront rien à gagner. Leurs droits y seront tôt ou tard rognés, détricotés, bradés au profit des pouvoirs dirigeants nourris des racines du patriarcat : ordre moral et intégrisme des religions.

Les femmes, au-delà des clivages dans lesquels elles sont embarquées par les organisations politiques, culturelles et cultuelles devront déjouer ces pièges dans leur intérêt général. Faisons fi des dissensions entretenues par des dérapages entre féministes. Si la controverse peut s’envisager, on ne peut admettre la pensée unique de qui que ce soit et de quelque chaire ou promontoire d’où elle serait proclamée. Nous avons acquis nos droits dans l’unité, ne laissons aucune chance à celles et ceux qui voudraient installer la discorde à leur seul profit.

Nul doute que face au danger de la régression de nos droits, face aux discriminations subies par nos sœurs migrantes et réfugiées pour qui les lois de notre République laïque sont garante d’une totale liberté, elles sauront retrouver de quelque pays, courant de pensée ou groupe social auquel elles appartiennent la solidarité et l’unité pour les batailles qui nous attendent.

La force des collectifs sera déterminante malgré les difficultés rencontrées par nos associations qui subissent ces dernières années des attaques multiples. La baisse drastiques des contrats aidés, la fin de nombreux financements municipaux, départementaux ou régionaux, la mise en concurrence sur les appels à projets, les soutiens subjectifs en raison de l’objet de l’association, ne favorisent pas la sérénité nécessaire à l’efficacité de nos actions.

Malgré tout, nous, membres du Réseau Féministe « Ruptures », nous serons présentes pour défendre nos droits acquis, les conforter et les étendre à toutes ici et ailleurs. #Me-too a secoué la planète, femmes féministes acceptons-en l’augure annonciatrice de répliques de même intensité pour l’année à venir. Soyons-en les actrices et les acteurs solidaires.

Nous vous souhaitons une bonne rentrée. En vous remerciant de votre soutien et/ou de votre participation active en adhérant à notre association.

p/ Le collège du Réseau Féministe « Ruptures,

Monique.