Pour un monument de commémoration des femmes et filles lesbiennes du camp de Ravensbrück.

mardi 7 juin 2016
par  Ruptures
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Initiative soutenue par le Réseau Féministe « Ruptures »

Nous appelons à nous soutenir pour l’installation d’un monument de commémoration des femmes et filles lesbiennes, qui ont été persécutées et meurtries dans l’ancien camp de concentration de femmes de Ravensbrück.

Pour soutenir cette initiative écrire à Gedenkkugel@gmx.de

Lors de la 70e commémoration de la libération du camp du concentration de femmes de Ravensbrück, du camp du concentration de jeunesse de filles et jeunes filles Uckermark et du camp des hommes, nous avons déposé une pierre de mémoire pour les lesbiennes assassinées dans le camp de concentration de Ravensbrück.

Nous faisons parties d’un groupe de femmes et lesbiennes féministes engagées politiquement depuis longtemps et nous participons depuis le début des années 1990 aux célébrations de commémoration annuelle de Ravensbrück.

Ces trois dernières années nous avons organisé des débats sur le thème " Persécution de femmes lesbiennes au temps du nazisme- informations, échanges et commémoration dans le "mahn und gedenkstätte" ( mémoire et réflexion) de Ravensbrück”.

Nous avons continué à chercher les traces de la vie des lesbiennes dans le temps du nazisme. Ainsi nous avons pu, au cours du temps rassembler du matériel , des connaissances et ceci nous a porté à faire ce pas.

Nous avons découvert des noms, des vies/destins qui nous ont affectées et endeuillées. Nous avons perçu à quel point les femmes lesbiennes ont été exclues, stigmatisées et aussi ont été assassinées.

Le refus de la vie lesbienne après le nazisme a renforcé l’invisibilité des femmes homosexuelles. On ne sait pas clairement, parmi les femmes exterminées, combien de femmes lesbiennes ont été assassinées sous prétexte d’être ’asociales’, ’criminelles’, ’folles’ et pour raisons politiques et racistes.

Mais comme nous, femmes lesbiennes, existons aujourd’hui, les femmes lesbiennes existaient au temps de la dictature nazie.

En Autriche annexée, des actions lesbiennes ont été punies par le Code Pénal. En Allemagne, des lieux de rencontre, des magasins, des journaux pour des femmes lesbiennes ont été interdits et détruits par les nazis à partir de 1933.

D’ici peu nous déposerons une demande officielle pour l’installation d’une ’Boule de commémoration’.

Nous vous demandons de soutenir notre démarche de réaliser concrètement une pierre commémorative pour les femmes lesbiennes assassinées à Ravensbrück

La chercheuse Dr. Claudia Schoppmann a pu reconstruire quelques biographies des femmes emprisonnées au camp de concentration de Ravensbrück, ’parce quelles vivaient leurs amoures ou leurs désirs à des personnes de même sexe’. Ou bien parce qu’on le leur a attribué’.

Henny Schermann, née le 19.2.1912 à Francfort, déportée en 1940 au camp de concentration de femmes de Ravensbrück. Assassinée le 30.5.1942 au ’Heil- und Pflegeanstalt Berneburg.

En hiver 41/42 elle a été sélectionnée par le médecin ’d’euthanasie’ Dr.Friedrich Mennecke. Le document d’enregistrement qu’il a rempli dit : Henny Sara Schermann 19.2.12, Francfort, célibataire, vendeuse à Francfort, lesbienne ’pulsionnelle’, fréquente certains lieux. Elle a évité d’utiliser le nom "Sara", juive sans nationalité.

La manière dont le texte a été formulée fait penser que Henny Schermann a peut-être été arrêtée au cours d’une rafle dans un local connu. Ainsi le fait d’être lesbienne a pu être la raison de son arrestation. Et sans doute,ensuite elle a été sélectionnée parce que juive.

Ely Smula née en 1914, a été réquisitionnée pour travailler au tram. Son patron, le ’Berliner Verkehrsbetriebe. l’a dénoncée. Elle a été arrêtée le 12.9.1940 et questionnée par la Gestapo. On lui reprochait d’avoir eu des relations sexuelles avec des collègues pendant des fêtes nocturnes et de ne pas avoir fait son service le lendemain. Le 30 novembre 1940 elle a été déportée au camp de concentration de Ravensbrück. Comme motif d’arrestation, il a été écrit ’politique’ avec l’ajout ’lesbienne’. Elle est morte le 8 juillet à Ravensbrück. ’C’était très soudain’, comme l’a écrit sa mère
après la guerre.

Inge Scheuer, née en 1924, réquisitionnée au service à l’aide marine. Elle a été licenciée à cause d’une liaison avec une collègue . Le service de santé publique de Angermünde l’a envoyée à cause de sa nature homosexuelle à la clinique psychiatrique Brandenburg-Görden, pour que soit examiné si un placement au ’Jugendschutzlager’ pour filles -qui faisait parti de Ravensbrück- était nécessaire.

Six semaines plus tard, elle fut renvoyée chez elle. Elle a survécue à la guerre.

Mary Punjer, née 1904 comme Mary Kümmermann. Elle travaillait dans le magasin familial de confection pour femmes à Wandsbek. Le 24 juillet, elle a été arrêtée, possiblement lors d’une rafle dans un local bien connu.

Pendant près de 3 mois elle est restée prisonnière au poste de police Fuhlsbüttel. Le 12 octobre 1940, elle a été écrouée au camp de concentration Ravensbrück.

Comme raison d’incarcération il a été écrit ’ asociale’ avec l’ajout ’lesbienne’.

Elle a été assassinée dans le centre d’extermination du ’Heil- und Pflegeanstalt Berneburg’ avec du gaz, probablement en printemps 1942.

Marie Glawitsch, née 1920 à Graz.

En Septembre 1939, elle a ét condamnée à 6 mois de prison pour vol et pour cause du paragraphe 129.

Le paragraphe 129 du code pénal autrichien punissait les activités homosexuels/lles. Ou littéralement : "fornication avec une personne du même sexe". Cette peine a été suivie par d’autres peines à cause du vol.

Le 31 octobre 1942, à 22 ans, elle est internée au camp de concentration de femmes de Ravensbrück. comme "criminelle". Elle est morte en 1966 à l’âge de 46 ans.

Sources : Dr. Claudia Schoppmann "Verschwiegen und vergessen - Das Leid lesbischer Frauen im Nationalsozialismus"

Intervention du Dr. Corinna Tomberger :

http//spinnboden.de/onlinearchiv/lesbische-frauen-im ns.html

Contact : Wiebke Haß, e-mail Wiebke.Hass@gmx.de (Hamburg) Susanne Kuntz, e-mail Suku@posteo.de (Hamburg)

Irmes Schwager, e-mail Frauenhaus-Kassel@web.de (Kassel)

Lisa Steininger, e-mail elis.stein@gmx.at (Wien

CLF Coordination lesbienne en France

Site : http://www.coordinationlesbienne.org/